Valoriser la recherche en instrumentalisant le corps professoral!

Montréal, le 12 mai 2017 – La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) se réjouit que le gouvernement se dote d’orientations explicites en matière de recherche, fondées sur des engagements financiers qui corrigent en partie le retard accusé par Québec en cette matière depuis plusieurs années. Elle déplore toutefois la faible place donnée au corps professoral dans son élaboration. En effet, la mise en œuvre d’une nouvelle Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation (SQRI) était réclamée depuis des années par la communauté universitaire de recherche, qui craint cependant, au terme d’un exercice de consultation tronqué, de faire l’objet d’une instrumentalisation.

« La plus grande portion des fonds de recherche annoncés est destinée à satisfaire les besoins immédiats des entreprises ou les priorités de l’État, ce qui témoigne d’une vision à courte vue de la recherche », observe Jean-Marie Lafortune, président de la FQPPU. « Non seulement l’innovation semble réduite à ses dimensions économiques et commerciales, mais son financement largement orienté réduit aussi considérablement les impacts bénéfiques de la recherche motivée par les problèmes de fond qu’identifient les chercheurs eux-mêmes dans le cours de leurs activités », ajoute M. Lafortune.

La littérature scientifique est pourtant claire : la dynamique profonde de recherche et d’innovation gagne à laisser une grande latitude aux chercheurs pour déterminer les objets et le calendrier de leurs travaux. « De plus en plus d’études suggèrent également que la concentration des fonds de recherche vers un nombre restreint de chercheurs, de disciplines jugées prioritaires ou de grands projets en partenariat avec les entreprises, n’est pas un investissement fécond parce qu’il ne se concrétise pas en une production scientifique accrue », poursuit M. Lafortune. Ces effets de concentration privent également le Québec de connaissances fondamentales primordiales à l’avancement de la société. « Au cours des derniers mois, la FQPPU a fait des propositions concrètes visant à faciliter l’obtention d’un financement de recherche non lié pour tous les professeures et professeurs d’université. Cette initiative bénéficiant du soutien de plus de 90 % du corps professoral québécois, nous poursuivrons nos efforts pour obtenir ce nouveau mode de financement », conclut M. Lafortune.

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